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Tuesday, January 14, 2014

Jacques Pivert enfin Pibleu

Il était une fois un pivert bleu, appelons ça un pibleu,
Il était une fois un pibleu qui rêvait d'être en l'air,
Picorant l'écorce d'un vieux chêne rabougri et austère
Qui attendait la fin, affamé par la vie.
Martelant, triturant la carapace de l'Ancien,
Par l'usure et la force il transperça son sein
Du vieil arbre confus se sentant démuni,
Jaillit un torrent de sève maintenant bannie,
A retourner là où tout à commencer,
A retrouver le cours de ses flots bien aimés
Qui lui apprirent jadis son audace, sa grandeur,
Qui firent de lui un chêne dans toute sa splendeur.
Les gouttes de l'elixir au contact de l'eau
Firent germer un bouton au contact du ruisseau
Qui attendait son heure, mais pas celle de sa fin,
Seulement de sa splendeur et celle de son destin
Les pavés s'entrechoquent dans la marre de béton,
Et asphyxient l'asphalte qui en perd possession
Le goudron grince des dents à la vue des mirages,
Que des nuages noirs semblent tenir pour présages
Les flaques d'eau crépitent sous le claquement de la pluie,
Qui imite tel un sage les reliefs éphémères de la vie
La mer pousse un cri rauque au fin fond du rivage
Et éclabousse de mousse un vent de liberté
Qui se rit de l'ennui et est là pour réver



Monday, April 29, 2013

Langue étrangère

Apprendre et pratiquer une nouvelle langue, au départ c'est comme faire la photocopie d'une photocopie qui a elle même été issue d'une photocopie. On retrouve l'idée de départ, mais ça manque de netteté, les informations qui lui donnaient sa beauté, son esthétisme ont été déformées ou perdues, et on se retrouve avec une espèce de photographie floue. Progresser c'est diminuer le nombre de photocopies pour se rapprocher de la version originale.
Voilà pourquoi nous sommes tous tant attachés à notre langue maternelle, et voilà pourquoi le néophyte dans l'apprentissage d'une nouvelle langue peut sembler totalement désarçonné tant la copie qu'il produit semble fade et insipide.

Mets des couleurs dans ma voix,
Fais de chaque mot une perle très rare,
Que mon discours soit une oeuvre d'art,
où à chaque coup d'oeil tu sembles entrevoir un point de vue différent,
Que les mots qui sortent de ma bouche t'apparaissent comme les créatures enchantées qui peuplent le monde de mon imaginaire.
Chaque mot a une forme, une émotion, une couleur, une personnalité. Associe deux mots ensemble et c'est comme si un troisième semblait faire son apparition.

Imbroglio spontané

Je suis un petit bonhomme de pain d'épice, moelleux et tendre, sucré jusqu'à la moelle
J'arpente le monde, chevauchant mon tabouret volant.
Rien n'existe au delà du réel, rien n'existe au fin fond des pensées,
Seul le regard perplexe d'un chat en train de miauler
Hérissant ses poils drus qui ondulent tels un fleuve,
Un nectar délicat peuplant l'entrée de ses oreilles,
Là, où des nains de jardin frivoles, festoient le long d'un toit sans même savoir pourquoi,
Et d'ailleurs ni toi, ni moi ne croit ce que tu vois.
Une fougère qui soupire, un murmure qui respire,
c'est le jugement de la fin qui tombe au creux de ma main,
comme si j'avais plus soif, désireux d'assouvir un appétit féroce qui me laisse sans voix.